22 juin 2007
Quelques rappels sur l'affaire Salman Rushdie.
"De tous côtés s'élèvent des protestations contre l'anoblissement de Salman Rushdie à l'occasion du 81e anniversaire de la reine d'Angleterre. Ces critiques accusent l'écrivain britannique d'insulter l'islam et les musulmans du monde entier.
Sans faire une revue de presse complète, on apprend qu'un ministre pakistanais lance qu'un tel acte justifiait les attentats-suicides. "Cet acte insultant, suspect et déplacé du gouvernement britannique est un exemple évident de lutte contre l'Islam", a-t-on déclaré à l'ambassadeur britannique convoqué au ministère iranien des Affaires étrangères.
Les journaux ne sont pas en reste. Le quotidien The News, juge que "la décision de la Grande-Bretagne (...) est l'une de ces folies inexplicables destinée, semble-t-il, à rassembler les forces de l'extrémisme dans ce monde dangereusement instable". Toujours au Pakistan The Nation parle de "singeries antimusulmanes" et le journal Nawa-i-Waqt pense qu'il s'agit d'une conspiration de l'Occident pour diffamer les musulmans.
Les populations civiles ont emboîté le pas. Des islamistes pakistanais ont brûlé des effigies d'Elisabeth II et de Rushdie en hurlant "Mort à Rushdie, mort à la Grande-Bretagne, mort à la reine !". Plus grave, aujourd'hui dans le Figaro, lord Nazir Ahmed, premier musulman ennolbi, s'oppose à cet ennoblissement :
"Tout comme l'historien britannique David Irving, pourtant condamné en Autriche à la prison pour négation de l'Holocauste. Quand des propos racistes à l'égard d'une candidate indienne de l'émission « Big Brother » provoquent des manifestations violentes à New Delhi, personne n'a rien dit. Il ne peut y avoir deux poids deux mesures."
Comment prendre de telles réactions ? Tout d'abord, Que reproche-t-on exactement au romancier ? La plupart du temps reviennent les mots "insultant" et "blasphématoire". Dans les Versets sataniques, l'écrivain d'origine pakistanaise et élevé dans l'islam, base son histoire sur une anecdote relevée par l'ancien commentateur persan al-Tabari. Il s'agit de la Sourate de l'Etoiel (LIII, 17-23) où Mohammed aurait accepté (sans s'en rendre compte) une révélation de Satan, qui s'était substitué à l'ange Gabriel. Il aurait alors déclaré publiquement que l'intercession de certaines déesses préislamiques était souhaitable. Finalement le lendemain, réprimandé par l'ange Gabriel, il réctifie la sourate pour donner la version actuelle.
Finalement, où est le mal ? Qu'est-ce qui justifie, de la part d'un ministre, un appel au meurtre ? Avant de répondre, il faut rappeler un point souligné par les trop rares philologues qui étudient le Coran, notamment Manfred Knopp car il s'agit bien ici d'un problème de philologie : il n'existe aucune édition historico-critique du Coran, alors que c'est le cas de la plupart des textes anciens, y compris pour les autres religions abrahamiques. L'arabe des premières versions écrites de la fin du VIIe siècle ne possède ni voyelles, ni points diacritiques. Les ambiguïtés sont nombreuses.
Or toutes les éditions actuelles du Coran s'appuient sur un texte canonique de l'édition de Hazar publiée pour la première fois dans les années 1920. Nous ne connaissons absolument pas les motifs des choix "philologiques" alors opérés. Lorsqu'à la fin du XXe siècle on découvre les manuscrits de Sana'a les autorités yéménites mettent très rapidement un terme à des recherches qui auraient pu remettre en question la validité de cette édition.
Pour faire un parallèle, la très sèche et austère Histoire du Coran écrite par Theodor Nödelke en 1859, lorsqu'elle a été publiée en arabe à Beyrouth en 2005, a été bannie par une fatwa du Dar Alifta parce qu'elle était insultante et offensante pour l'islam. Salman Rushdie doit se sentir moins seul.
Nous sommes donc contraints de constater que certaines personnes, y compris des nobles britanniques et des ministres pakistanais, considèrent que faire un travail qui remet en question, serait-ce sur un point de détail, le caractère absolu d'un texte vieux de 1300 ans, dont les preuves d'une élaboration humaine transpirent de toutes parts, est insultant (pour ne pas dire blasphématoire) au point de mériter la mort.
Dans ce cadre les paroles de lord Nazir Ahmed, qui compare une oeuvre romanesque basée sur une anodine critique textuelle avec le négationnisme, prennent tout leur sens totalitaire. Il s'agit par ces amalgames hâtifs et extrêmes de démonter d'emblée toute vélléité d'appliquer une lecture historico-critique au texte au Coran. Dès lors, il pratique lui aussi une forme de négationnisme.
La foi de chacun et le respect de cette foi entrent-ils en contradiction avec la publication de romans ou de travaux scientifiques critiques envers un texte considéré par certains comme révélé. La foi d'autres hommes en l'inexistance d'une révélation, qu'elle soit portée par Moïse, Jésus, Mohammed ou Joseph Smith Sr n'est-elle pas insultée par les tentatives de s'opposer à la publication de tels écrits ? (Sources : Agoravox - Hervé Hutzinger)"
Le Commentaire du Canard Mal-Pensant :
Je ne retiendrai qu'une chose : si vraiment - et les réactions à l'ennoblissement de Rushdie le prouvent amplement - " ... certaines personnes, y compris des nobles britanniques et des ministres pakistanais, considèrent que faire un travail qui remet en question, serait-ce sur un point de détail, le caractère absolu d'un texte vieux de 1300 ans, dont les preuves d'une élaboration humaine transpirent de toutes parts, est insultant (pour ne pas dire blasphématoire) au point de mériter la mort", c'est que ces personnes-là sont des arriérées. Il n'y a là ni insulte, ni dénigrement d'une ethnie ou d'une religion, quelle qu'elle puisse être : rien qu'une constatation qui fait froid dans le dos.
En toute chose, il faut conserver son humour et son esprit critique. Cela évite bien des malheurs ...
20 juin 2007
Autonomie des Universités : le fils à Môman pense à la grève.
Mon cher Canard,
Vous rappelez-vous Bruno Julliard, le Fils à Môman ? Eh ! bien, le voilà qui menace :
" Devant l'opposition des syndicats, notamment de l'Unef, au texte sur l'autonomie des universités, Nicolas Sarkozy a durci le ton mercredi assurant qu'il n'abandonnerait pas au motif que
ce serait "trop risqué politiquement" et annonçant des moyens
supplémentaires pour les universités volontaires.
"On ne peut pas dire sans arrêt que le XXIe siècle sera le siècle de la
connaissance et garder notre système universitaire à l'abandon pour la
seule raison qu'il serait trop risqué politiquement de le réformer", a
déclaré le président de la République devant les parlementaires UMP.
"Tout le monde est d'accord sur la nécessité de le réformer, un seul
argument s'y oppose: c'est dangereux", a-t-il ajouté, suggérant à "ceux
qui n'aiment pas le danger" de "choisir une autre activité".
L'avant-projet de loi sur l'autonomie des universités présenté par la
ministre Valérie Pécresse a été accueilli fraîchement par les acteurs
de l'université, en particulier les étudiants de l'Unef qui ont mené la
bataille contre le CPE en 2006.
Personnels, présidents d'université et étudiants reprochent dans leur
quasi totalité au texte de prévoir que seules les universités qui le
peuvent et qui le souhaitent accèdent, sans obligation ni date butoir,
à leur autonomie financière, en matière de ressources humaines comme de
propriété des locaux.
"Toutes les universités ont la capacité d'accéder à l'autonomie, à leur
rythme, n'opposons pas les universités entre elles, elles peuvent
toutes progresser vers ce nouveau statut", a estimé Michel Lussault, 3e
vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU).
"Ce n'est pas acceptable, nous allons utiliser le temps qu'il reste
pour l'amender mais si au bout du compte il reste en l'état, nous
organiserons la mobilisation des étudiants", a prévenu de son côté
Bruno Julliard, président de l'Unef.
Pour manifester néanmoins sa volonté de "prendre (ses) reponsabilités",
le chef de l'Etat a pris le risque mercredi de mécontenter plus encore
les opposants au texte présenté mardi. Il a affirmé que les universités
qui "choisissent le nouveau statut recevront des moyens
supplémentaires".
Il s'agit d'"une incitation pour encourager les universités à prendre
leur autonomie et les épauler dans cette démarche", a expliqué l'Elysée
à l'AFP, en précisant qu'"il n'y a pas de limitation a priori au
volontariat" qui pourra concerner toutes les universités.
La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse "mettait de l'huile dans les rouages, (Nicolas Sarkozy) met de l'huile sur le feu", a déclaré Bruno Julliard mercredi, se disant "abasourdi".
Il a aussi regretté que l'avant-projet de loi prévoit que les
universités pourront soumettre l'entrée en deuxième cycle (master 1,
bac+4) aux "conditions définies dans les conseils d'administration", ce
qui revient pour lui à "une sélection".
"C'est incompréhensible, on avait un engagement qu'il n'y aurait pas de
conditionnement des moyens", s'est étonné Bruno Julliard, jugeant de
plus que M. Sarkozy se montrait "très agressif".
"Il s'agit d'un contresens", a commenté Michel Lussault, de la CPU. "La
France a besoin de toutes ses universités, c'est une erreur de croire
qu'en développant seulement certaines universités, nous arriverons à
répondre aux besoins de formation et de recherche", a-t-il analysé. (Sources : Y/A)
Le Commentaire du Canard Mal-Pensant :
Sarko piétine la vénérable fourmilière universitaire : et encore, quand j'écris "fourmilière", je suis vraiment gentil - normal, il est tard ...
Abasourdi, qu'il est, le petit Bruno ? Sans blague ? ... Tu veux mon avis : il n'a pas encore réalisé qu'il ne se trouvait plus en face de Chirac et de Villepin ... Ca va lui faire un choc, quand il va voir la différence ... Enfin, faut bien que jeunesse se forme, pas vrai ? :-)
Intolérable chantage islamiste à Islamabad et Téhéran.
Mon cher Canard,
On s'y attendait mais il faut le lire pour le croire : il y a encore des attardés sur cette terre qui prônent la mort pour les blasphémateurs. Ca se passe à Islamabad et à Téhéran - une fois de plus :
"Des centaines de manifestants dans le centre du Pakistan ont chanté mercredi des slogans hostiles à la Grande-Bretagne l'accusant d'avoir "provoqué" les musulmans en anoblissant l'écrivain Salman Rushdie. Plus de 150 commerçants de la ville de Multan ont brûlé un drapeau britannique en signe de colère après l'octroi samedi par la reine d'Angleterre du titre de chevalier à l'auteur des "Versets sataniques", le livre "blasphématoire" d'un homme "détesté", ont raconté des témoins.
"La Grande-Bretagne a tenté de déclencher une controverse sur l'auteur maudit Rushdie", a accusé l'un des commerçants, Akhtar Butt. "C'est une tentative délibérée de provoquer les musulmans", a-t-il affirmé.
Les tensions diplomatiques sont montées d'un cran entre d'un côté le Pakistan et l'Iran et de l'autre la Grande-Bretagne à propos de "l'affaire Rushdie".
Islamabad et Téhéran ont convoqué mardi
les ambassadeurs britanniques et Londres a exprimé sa "profonde
inquiétude" après des propos incendiaires d'un ministre pakistanais.
Depuis trois jours, des islamistes au Pakistan brûlent des effigies de
la reine Elizabeth II et de Rushdie et hurlent "Mort à Rushdie, mort à là Grande-Bretagne, mort à la reine!".
Mercredi, à Multan, plus de 100 étudiants d'écoles religieuses ont encore incendié une effigie de l'écrivain.
"La distinction accordée à Rushdie est une
insulte pour ceux qui l'ont reçue dans le passé", a jugé Hidayatullah
Pasroori, dirigeant local du parti modéré musulman Jamiat Ulema
Pakistan.
Une formation plus radicale, le Jamiat Ulema Islam, a manifesté à Multan, condamnant "le gouvernement britannique pour avoir distingué un blasphémateur".
A Londres, un porte-parole du Foreign
Office avait indiqué lundi que l'ambassadeur Brinkley avait "clairement
exprimé" au ministère pakistanais des Affaires étrangères "la profonde
inquiétude du gouvernement au sujet de ce que le ministre des Affaires religieuses aurait dit".
"Le gouvernement britannique est très clair: rien ne peut justifier des attentats suicide", a ajouté le Foreign Office.
A Lahore, dans l'est du Pakistan, 150
extrémistes surexcités ont brûlé des effigies de la reine et de
l'écrivain et ont réclamé que Rushdie soit traduit devant un tribunal
islamique. "La peine pour un blasphémateur est la mort!", a crié à la
foule un dirigeant islamiste, Shahid Gilani.
"Nous avons décidé d'appeler tous les chiens 'Sir'", a-t-il ajouté.
Une centaine d'autres ont hurlé "Mort à Rushdie, mort à la Grande-Bretagne, mort à la reine!", brûlant le drapeau britannique à Karachi, dans le sud.
Dans la matinée, le Sénat du Pakistan a
"exigé le retrait du titre de chevalier" conféré à Salman Rushdie, dans
une résolution votée à l'unanimité, comme l'avait fait la veille
l'Assemblée nationale, pour offense à l'islam.
Salman Rushdie, d'origine indienne, a
passé des années dans la clandestinité après avoir été "condamné à
mort" par une fatwa lancée en 1989 par le fondateur de la République
islamique d'Iran, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, à cause des "Versets
sataniques".
Comment, après cela, soutenir encore que ces gens-là ne sont pas en guerre contre les valeurs occidentales ? ...
Le Commentaire du Canard-Mal-Pensant :
(Chut ! Il faut pas le dire !)
Bon, peut-être que nos amis islamabadiens et téhéraniens devraient faire un effort pour cesser de se croire le nombril du monde. La modestie est toujours très prisée par Dieu, non ? (Enfin, c'est ce qu'on m'apprenait, quand j'étais un tout jeune caneton à peine sorti de mon oeuf ...)
Et puis, il faudrait aussi qu'ils comprennent qu'on est en 2007 et qu'on ne doit plus tuer les gens (en les lapidant, par exemple) s'ils ont envie de jurer, de sacrer et de blasphémer. Je ne prêche pas pour ma chapelle, notez : j'aime pas les gros mots. Mais on est au XXIème siècle, on n'est plus au Moyen-Age !
Ah ! oui ! Une dernière remarque : quand est-ce qu'ils vont enfin séparer la religion et l'Etat ? Qu'ils essaient donc un peu : ils verront comme c'est cool ! ... Et ils cesseront enfin de se faire manipuler par leurs dirigeants ... (Et puis, Rushdie, je l'ai lu et franchement, ça me botte : il n'y a vraiment pas de quoi en faire un fromage sauf si l'on s'imagine encore que les fromages sont faits directos par le Créateur Machin-chouette, quoi ...)
Le Prochain Congrès du PS sera-t-il avancé ?
| Mon cher Canard, Puisqu'aujourd'hui, 2 Messidor de l'an CCXV de la République, nous inaugurons une nouvelle formule dans nos billets, commençons par un sujet titillant : le Parti socialiste français ! Citation: |
| Les
partisans de Ségolène Royal ont réclamé mardi devant le bureau national
(BN) du parti une consultation des militants à propos du calendrier de
rénovation du PS et souhaité que ce calendrier soit "resserré". "Nous pensons qu'il faut consulter les militants sur le calendrier, qui doit être resserré", a déclaré Gilbert Roger, maire de Bondy (Seine-Saint-Denis), à la sortie du BN. Selon lui, cette consultation doit intervenir "avant l'été". Egalement proche de Ségolène Royal, le sénateur David Assouline a estimé qu'un tel référendum interne "donnerait plus de force au processus de rénovation" et constituerait donc un atout "pour les élections municipales" de mars 2008. François Rebsamen, par ailleurs numéro deux du PS, est aussi de cet avis. M. Roger s'est d'autre part prononcé pour un congrès "en octobre-novembre" et a souhaité que le parti puisse ensuite "déterminer très rapidement qui serait la personne" incarnant le projet des socialistes. "Je pense qu'on peut le faire à partir de 2008". Les partisans de Mme Royal contestent ainsi le schéma prévu par le premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande, qui préconise un congrès à l'automne 2008, conformément au rythme triennal de ces réunions. Les députés Manuel Valls et Gaëtan Gorce ont demandé "un changement de direction" du parti, au profit d'"une direction collégiale", selon le directeur de cabinet de François Hollande, Stéphane Le Foll. Cependant, a-t-il indiqué, "la majorité des interventions" a tourné autour de l'idée qu'il faut "un processus long de débat" avant de poser la question du leadership du PS et de la gauche. Est intervenu dans ce sens, entre autres, Bertrand Delanoë et Henri Emmanuelli, lors d'un débat "où chacun a pu s'exprimer de manière franche et claire", a rapporté M. Le Foll. Sont aussi sur cette ligne, selon des participants interrogés après la réunion, les amis de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Lionel Jospin et Martine Aubry. M. Hollande "fera une proposition globale, portant à la fois sur le calendrier et sur les thèmes" du processus de reconstruction de la gauche, samedi lors du Conseil national du parti. Cette proposition, qui "n'est pas encore arrêtée" selon M. Le Foll, sera soumise au vote du CN, a-t-il confirmé. De son côté, Benoît Hamon (gauche du parti) a estimé qu'organiser un vote de tous les militants reviendrait à "délégitimer le CN" élu par le congrès de novembre 2005. (Sources : Y/A) |
Avant cela, interviewé pour "Le Parisien", Nicolas Sarkozy avait déclaré : "Le PS est trop faible pour gagner, il est aussi trop fort pour se réformer."
Des commentaires ? ...
Le Commentaire du Canard Mal-Pensant :
Bonne idée, cette nouvelle formule ! Depuis le temps que tu me tenais en réserve ! ... Surtout que quand même, y a pas à tortiller : j'ai de l'allure, non, avec mon noeud pap ? ... :-)
... Ah ! oui ! Le P.S. ... Elle a du punch, Ségolène ! Plus que les Eléphantesques, y a pas photo. Evidemment, elle prend le risque d'une traversée du désert mais les militants (et les sympathisants) ont tellement besoin d'espoir qu'elle a des chances de réussir. La gu ... Pardon, la tête des Eléphantesques si elle réussit son coup ! ...
Maintenant, elle peut très bien avoir combiné le coup avec le petit Hollande ...
Et pour ce que Sarko dit de tout ça, ben, il n'a pas tort mais il omet la possibilité d'une implosion du P.S.
19 juin 2007
Le Pakistan tente de faire pression sur Elisabeth II.
Et pourquoi ? Parce que la reine d'Angleterre a décidé d'ennoblir Salman Rushdie :
Citation (Yahoo/Actu) :
"
L'écrivain d'origine indienne Salman Rushdie porte désormais le titre de "Sir", au grand dam d'Islamabad
L'auteur fut en effet très critiqué par les islamistes pour son livre
"Les Versets sataniques", jugé blasphématoire pour l'Islam. Tanim
Aslam, porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, a
affirmé hier qu'elle "déplorait la décision de Londres d'anoblir Salman
Rushdie". Londres a défendu la décision de la reine Elizabeth II. Selon l'ambassade de Grande-Bretagne
à Islamabad, "l'honneur fait à Salman Rushdie est amplement mérité."
Salman Rushdie a passé des années dans la clandestinité. En 1989 il a
été menacé par une fatwa lancée par le fondateur de la République
islamique d'Iran qui l'avait alors condamné à mort à cause de ses "Versets sataniques".
Espérons que la Reine tiendra bon ! Mais en quoi une décision britannique qui ne regarde que l'Angleterre devrait-elle être remise en question parce qu'une poignée de fanatiques religieux a des vapeurs ? ... Plutôt que de s'intéresser à l'ennoblissement de Salman Rushdie, qu'ils balaient donc devant leur porte les recommandations zoophiles de celui qui lança la fatwa contre Rushdie, à savoir Khomeiny !
11 juin 2007
Le Front National est tombé.
Hier, 10 juin 2007, le Front National est tombé au-dessous de la fameuse barre des 5%.
Il redescend ainsi au score qui était le sien avant que François Mitterrand ne le prît sous sa coupe.
Vous
observerez que, aujourd'hui, si la gauche ne dit pas un mot sur la
stratégie mitterrandienne qui permit à la formation lepéniste de
connaître dans notre pays un succès sans précédent, elle tente une fois
de plus, par les voix des ténors (ne devrait-on plutôt pas dire
"castrats" ?) du PS et par la nasillarde trompettante qui sert d'organe
à M. Besancenot, de culpabiliser les électeurs UMP en montrant du doigt
les votes FN qui se sont ralliés aux idées de Nicolas Sarkozy.
Pas un mot pour se féliciter de voir le Front National réduit à ce triste niveau - pour lui.
Une
fois de plus, il n'y a aucune honte à récupérer les voix sectaires de
l'extrême-gauche mais l'on touche le fond en raflant celles (tout aussi
sectaires, j'en conviens) de l'extrême-droite.
En 2010,
soixante-cinq ans se seront écoulés depuis la fin de la Seconde guerre
mondiale. Et ces gens-là pensent toujours comme en 1945 : pire, ils se
croitent toujours à l'abri derrière des idéologies dépassées et qui,
coûte que coûte, devront s'adapter si elles veulent survivre.
Fossilisation ? oeillères ? ou tare congénitale ? ... 
04 juin 2007
L'Europe n'est pas un Eldorado ...
... soit, mais des mesures efficaces vont-elles enfin êtres prises en France ?
"François Fillon réaffirme que son gouvernement sera intraitable face à l'immigration clandestine, soulignant que "l'Europe n'est pas l'eldorado".
"Notre pays ne peut pas supporter une augmentation considérable du nombre d'étrangers qui viendraient s'installer sur notre territoire et qui n'auraient pas les moyens de s'y intégrer", a déclaré le Premier ministre lors d'une visite au centre de rétention administrative du Mesnil Amelot, près de l'aéroport de Roissy.
"La générosité, ce n'est pas d'ouvrir grand les frontières sans se préoccuper de savoir comment les gens vont s'intégrer, comment ils vont vivre, comment ils vont subsister", a-t-il dit aux côtés du ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux.
"Si on veut que notre pays continue de se développer, que les droits soient respectés (...) il faut réguler les flux migratoires", a insisté le chef du gouvernement, qui a rendu hommage à la mission "noble" des gendarmes chargés du CRA du Mesnil Amelot.
Ce centre, l'un des plus grands de France avec 140 places, accueille actuellement 118 étrangers en situation irrégulière. Il sera remplacé début 2009 par un nouveau centre de 240 places en construction au Mesnil Amelot.
"En nous aidant à réguler les flux migratoires, vous assurez la protection de notre cohésion nationale", a dit François Fillon aux gendarmes.
"Il faut que nous montrions à tous ceux qui sont candidats à venir en Europe, que l'Europe, ce n'est pas l'Eldorado que parfois on leur promet", a-t-il souligné, évoquant la mort de 18 clandestins la semaine dernière au large de Malte.
"Tous ceux qui promettent des papiers pour tout le monde, d'une certaine manière, ont une responsabilité dans ce qui vient de se passer", a estimé le Premier ministre.
"La République française sera extrêmement ferme, elle fera appliquer les lois. Naturellement, ces lois doivent être appliquées avec la plus grande humanité", a-t-il conclu.
François Fillon a martelé son message à l'issue d'une visite aux services des douanes de l'aéroport de Roissy, à laquelle participait également Eric Woerth, ministre du Budget.
"L'Europe est une terre ouverte, la France est un pays d'immigration, elle continuera de l'être, elle continuera à accueillir beaucoup d'étrangers sur son territoire, mais elle ne veut accueillir que les étrangers qu'elle est capable d'intégrer et auxquels elle est capable de donner les moyens de subsistance", a-t-il dit aux journalistes.
Brice Hortefeux a fixé pour objectif au forces de l'ordre la reconduite de 25.000 clandestins aux frontières en 2007.(Sources : Y/A)"
La Seine St Denis.
J'y vis, dans un quartier correct qui n'en a pas moins vu brûler tout proche, en novembre 2005, un gymnase et d'autres locaux situés non loin de là. Déjà, en rejoignant l'avenue du Pavé-Neuf, à Noisy-le-Grand, vous vous rendez compte que, derrière les immeubles étincelants de bureaux qui ornent un côté de cette avenue, s'étendent des immeubles "sociaux" symbolisés entre autres par les silhouettes de ce que l'on nomme ici les "camemberts." C'est sur cette avenue que furent agressées des jeunes femmes, également en 2005.
C'est aussi à Noisy-le-Grand qu'on a vu un maire socialiste, M. Pajon, pour ne pas le nommer, réclamer à cor et à cris l'intervention de l'armée pour faire cesser les émeutes. (Un an après, c'est sa voiture à lui - une 607 - qui brûlait devant la Mairie mais ceci est une autre histoire ...)
Quant aux femmes voilées et aux barbus, hélas ! il y en a aussi. Beaucoup trop.
Il semble - j'écris bien : "il semble" car je demande à voir - que nos gouvernants aient décidé de s'attaquer au problème :
"Plusieurs responsables politiques, dont le ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, et le premier syndicat de policiers ont réagi à un rapport alarmant sur l'insécurité dans le département de la Seine-Saint-Denis(93), dans la banlieue nord de Paris.
Ce rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes), qui était appelé à rester confidentiel, évoque notamment une hausse de la délinquance des mineurs et une dégradation des rapports entre policiers et habitants.
"Il y a là un vrai problème de fidélisation d'un certain nombre de policiers", a dit Michèle Alliot-Marie à la presse.
"Ce sont des sujets auxquels j'ai l'intention de m'attacher d'ores et déjà et très rapidement puisque j'ai demandé qu'une réunion puisse être tenue dans les 48 heures avec les principaux responsables de police dans ce département de Seine-Saint-Denis, a ajouté le ministre de l'Intérieur, qui s'est également engagé à rencontrer les élus du 93 après les élections législatives des 10 et 17 juin .
Dans un communiqué, l'Unsa police estime "urgent de renouer les liens avec la population pour lutter efficacement contre la criminalité". Pour le premier syndicat de policiers, "si la police est plus proche de la population les auteurs de crimes et délits seront connus et stoppés" .
L'Unsa, qui rencontrera Michèle Alliot-Marie mercredi, demande "qu'un travail qualitatif soit privilégié par la police contrairement au quantitatif".
Interrogé sur RTL, le député-maire centriste de Drancy (93) Jean-Christophe Lagarde a souligné lundi l'importance de "déghettoïser" la banlieue, une idée approuvée par l'UMP Patrick Devedjian.
"On a besoin d'avoir une police qui connaisse les gens, on a besoin de mettre le paquet sur l'éducation des associations et on a besoin de 'déghettoïser'", a-t-il déclaré.
"Il a raison et tous les maires de banlieue sont d'accord là-dessus. Il faut 'déghettoïser'", a renchéri sur i-Télé le secrétaire général de l'UMP.
"Avoir concentré toute la misère sur les mêmes quartiers, dans les mêmes villes, est une erreur absolue", a ajouté Patrick Devedjian, qui a aussi l'urgence de "créer de l'emploi" dans les quartiers défavorisés, un travail "très difficile et très long".
Ce week-end, le député-maire d'Antony
(Hauts-de-Seine) avait imputé aux élus communistes la dégradation de la
situation sécuritaire en Seine-Saint-Denis, provoquant une vive réaction de la secrétaire nationale du PCF, M.G. Buffet.
Lundi, Jean-Christophe Lagarde a assuré que le contenu du rapport de l'Inhes reflétait la réalité. "On a eu une croissance de la violence des mineurs exponentielle. Dans certaines villes, ça peut atteindre 600%", a-t-il rapporté.
Le maire de Drancy a notamment déploré un défaut de suivi judiciaire et un manque d'accompagnement des structures associatives, qui a pour conséquence que des enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes durant une partie de la journée.
Pour Jean-Christophe Lagarde, les policiers ne sont pas assez nombreux ni assez expérimentés.
"Si la police de proximité c'est la police qui dit bonjour aux commerçants toute la journée, ça ne sert à rien", a-t-il fait remarquer.
Interrogé sur LCI sur ce même sujet, François Hollande, a prôné "des mesures extrêmement rapides pour la sanction des premiers actes de délinquance".
Prônant un renforcement de la justice des mineurs, l'éloignement des quartiers de certains délinquants et l'introduction de peines alternatives à la prison*, le premier secrétaire du Parti socialiste s'est déclaré contre les peines planchers pour les multirécidivistes envisagées par le nouveau ministre de la Justice, Rachida Dati, qui revient selon lui à instaurer de "peines automatiques".
"Au contraire, il faut individualiser la peine", a-t-il déclaré. (Sources : Y/A)"
* : tiens ! Hollande virerait-il à droite ? Attention, encore un peu et il va se faire traiter de "fasciste" par ses petits copains de la LCR et autres groupuscules trotskystes ... ;o)
01 juin 2007
Sur AgoraVox, Philippe Bilger "mouche" le MRAP.
Et de manière superbe !
"Le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale serait, pour le MRAP, toujours aussi bien inspiré, "le ministère de la honte". Il continuerait les politiques de Vichy et n'aurait qu'une obsession, choisir les bons immigrés et exclure les mauvais.
A supposer même que l'ambition du ministère confié à Brice Hortefeux puisse être celle-ci, seules les âmes infiniment délicates pourraient en être choquées. D'autant plus que le ministre a rappelé que c'est avec "fermeté et humanisme" qu'il accomplirait sa mission.
Je pourrais me contenter de répondre à cette absurde philippique que tout ce qui est excessif est insignifiant. Ce serait traiter à la légère un sujet grave.
Ce ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale n'est pas arrivé dans notre espace politique comme un intrus, en catimini. On sait quelle polémique est née quand Nicolas Sarkozy a évoqué pour la première fois ce problème. La démocratie n'a pas été prise à revers et au contraire la transparence a régné. Personne, ayant voté au second tour pour Nicolas Sarkozy, ne peut soutenir que la composition gouvernementale, sur ce plan, a étonné. Il y a donc une majorité tout de même impressionnante de citoyens qui ont avalisé cette politique et ce qui l'inspire. Dans ces conditions, si on a le droit évidemment de vilipender ce qui a été légitimé, il me semble qu'on doit le faire avec toute la modestie républicaine requise. Une démarche contraire, donc, à celle que le MRAP a adoptée. Comment ne pas percevoir que cette agression constitue la manifestation d'un mépris du peuple, la traduction triste d'une mise entre parenthèses de l'élection présidentielle, le constat amer d'une insupportable défaite ? Mais qu'on ne s'y trompe pas, en dépit du leurre agité par le MRAP, ce n'est pas l'humanisme qui a été vaincu le 6 mai, c'est une certaine conception de la gauche.
Le MRAP, au lieu de s'enfermer dans cette autarcie si peu lucide, aurait dû au contraire admettre que le seul barrage contre les dangers objectifs qu'il lui arrive d'évoquer se trouve dans une politique d'Immigration et d'intégration à la fois vigoureuse et équilibrée. Une démocratie qui saurait se défendre sans se renier. Suivre le MRAP, c'est à coup sûr faire le lit de ce que notre communauté nationale récuse. Un extrémisme sans solution ni avenir. Ce n'est pas heureusement le choix majoritaire du 6 mai.
Le MRAP, plus profondément, ne sait plus sur quel esprit danser. Rendu inutile sur sa droite, dégoûté par sa gauche, il s'acharne, il s'échine à demeurer dans le jeu avec force protestations vides de sens et la volonté de créer l'illusion de périls en réalité imaginaires. Alors, comme il n'a plus rien à dire, il le dit mal, il l'affirme avec grossièreté. Moins la cause est bonne, plus la forme est outrancière. Le ministère de la honte ! Derrière cette enflure, on sent la nostalgie, le regret, l'envie du créateur frustré. Levez-vous, orages désirés ! Le problème est que le MRAP a le désir mais qu'il n'y pas d'orages en vue, sinon ceux que l'élucubration théâtralement indignée cherche à susciter. Le MRAP va se faire un torticolis à force de regarder le présent en se tournant vers le passé. L'invocation lancinante de Vichy, ce n'est pas non plus précisément l'avenir. Mais que deviendrait donc le MRAP sans les catastrophes qu'il maintient en vie, aussi usées soient-elles dans les mémoires, en pratiquant la respiration artificielle ?
Alors, qui devrait avoir honte, vraiment ? (Sources : Y/A)"
