10 juillet 2007
Sarko chez la Limace.
Eh ! oui ! Sarko n'a pu éviter d'aller voir Bouteflika la Limace. Et nous avons enfin entendu le discours que, depuis des années, nous souhaitions entendre dans la bouche du chef de l'Etat français :
"Nicolas Sarkozy réaffirme son refus de la « repentance
» dans une interview publiée par deux quotidiens algériens, El Watan et
El Khabar, à l'occasion de sa venue en Algérie.
"Les jeunes générations, de part et d'autre de la Méditerranée, sont tournées vers l'avenir plutôt que vers le passé et ce qu'elles veulent, ce sont des choses concrètes", déclare le président français.
"Elles n'attendent pas de leur dirigeants que, toutes affaires cessantes, ils se mortifient en battant leur coulpe pour les erreurs ou les fautes passées, parce qu'à ce compte, il y aurait beaucoup à faire de part et d'autre", poursuit-il.
La conclusion d'un "traité d'amitié" entre Paris et Alger butte notamment sur l'exigence par les autorités algérienne d'une reconnaissance par la France des "crimes" commis pendant la période coloniale.
"Certainement qu'il y a eu beaucoup d'ombres, de souffrances et d'injustices au cours des 132 années que la France a passées en Algérie. Mais il n'y a pas eu que cela", déclare Nicolas Sarkozy. "Je suis donc pour une reconnaissance des faits, pas pour le repentir, qui est une notion religieuse et n'a pas sa place dans les relations d'Etat à Etat."
Le "travail de mémoire" doit aussi se faire "des deux côtés, car il ne s'agit pas d'avoir une partie qui doit accepter sans discuter la vérité de l'autre", ajoute-t-il.
Il promet de veiller à ce que ce travail se fasse du côté français mais estime qu'il ne faut pas faire pour autant "des questions de mémoire un préalable", car cela pénaliserait selon lui tous les Algériens et les Français qui attendent des "avancées rapides" dans les relations entre les deux pays.
Nicolas Sarkozy estime par ailleurs que l'amitié entre l'Algérie et la France est possible "sans un traité d'amitié".
"Ce qui importe surtout, c'est de donner au partenariat entre les deux pays un contenu concret qui soit perceptible par les Algériens et par les Français", souligne-t-il.
Pour ce faire, l'Algérie et la France ont fixé une feuille de route "qui recouvre tous les domaines de la coopération" - formation de cadres, échanges économiques, investissements, coopération dans le domaine énergétique, sécurité, circulation des personnes ... - ajoute le président français.
Il se dit également prêt à aller « plus loin » en matière de coopération militaire et "très ouvert" aux demandes algériennes en matière d'acquisition d'armes, "dès lors qu'elles contribuent à l'objectif de renforcer la sécurité régionale".
Enfin, il affirme que son objectif est de faciliter la circulation des personnes entre les deux pays mais à condition qu'il y ait en contrepartie une "coopération sans faille" pour lutter contre l'immigration illégale.
Il annonce au passage que le consulat général de France à Oran sera rouvert en septembre prochain.
Nicolas Sarkozy précise qu'il a proposé au président Abdelaziz Bouteflika de revenir à la fin de l'année en Algérie, après une des échanges de visites politiques et techniques entre les deux pays, pour faire mûrir ces projets.
Il affirme par ailleurs que l'Algérie est appelée, "si elle le veut bien", à jouer un "rôle clef" dans la mise sur pied de l'Union méditerranéenne qu'il propose. (Sources : Y/A)"
Reste maintenant à obtenir des actes ... ;o)
01 juin 2007
Sur AgoraVox, Philippe Bilger "mouche" le MRAP.
Et de manière superbe !
"Le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale serait, pour le MRAP, toujours aussi bien inspiré, "le ministère de la honte". Il continuerait les politiques de Vichy et n'aurait qu'une obsession, choisir les bons immigrés et exclure les mauvais.
A supposer même que l'ambition du ministère confié à Brice Hortefeux puisse être celle-ci, seules les âmes infiniment délicates pourraient en être choquées. D'autant plus que le ministre a rappelé que c'est avec "fermeté et humanisme" qu'il accomplirait sa mission.
Je pourrais me contenter de répondre à cette absurde philippique que tout ce qui est excessif est insignifiant. Ce serait traiter à la légère un sujet grave.
Ce ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale n'est pas arrivé dans notre espace politique comme un intrus, en catimini. On sait quelle polémique est née quand Nicolas Sarkozy a évoqué pour la première fois ce problème. La démocratie n'a pas été prise à revers et au contraire la transparence a régné. Personne, ayant voté au second tour pour Nicolas Sarkozy, ne peut soutenir que la composition gouvernementale, sur ce plan, a étonné. Il y a donc une majorité tout de même impressionnante de citoyens qui ont avalisé cette politique et ce qui l'inspire. Dans ces conditions, si on a le droit évidemment de vilipender ce qui a été légitimé, il me semble qu'on doit le faire avec toute la modestie républicaine requise. Une démarche contraire, donc, à celle que le MRAP a adoptée. Comment ne pas percevoir que cette agression constitue la manifestation d'un mépris du peuple, la traduction triste d'une mise entre parenthèses de l'élection présidentielle, le constat amer d'une insupportable défaite ? Mais qu'on ne s'y trompe pas, en dépit du leurre agité par le MRAP, ce n'est pas l'humanisme qui a été vaincu le 6 mai, c'est une certaine conception de la gauche.
Le MRAP, au lieu de s'enfermer dans cette autarcie si peu lucide, aurait dû au contraire admettre que le seul barrage contre les dangers objectifs qu'il lui arrive d'évoquer se trouve dans une politique d'Immigration et d'intégration à la fois vigoureuse et équilibrée. Une démocratie qui saurait se défendre sans se renier. Suivre le MRAP, c'est à coup sûr faire le lit de ce que notre communauté nationale récuse. Un extrémisme sans solution ni avenir. Ce n'est pas heureusement le choix majoritaire du 6 mai.
Le MRAP, plus profondément, ne sait plus sur quel esprit danser. Rendu inutile sur sa droite, dégoûté par sa gauche, il s'acharne, il s'échine à demeurer dans le jeu avec force protestations vides de sens et la volonté de créer l'illusion de périls en réalité imaginaires. Alors, comme il n'a plus rien à dire, il le dit mal, il l'affirme avec grossièreté. Moins la cause est bonne, plus la forme est outrancière. Le ministère de la honte ! Derrière cette enflure, on sent la nostalgie, le regret, l'envie du créateur frustré. Levez-vous, orages désirés ! Le problème est que le MRAP a le désir mais qu'il n'y pas d'orages en vue, sinon ceux que l'élucubration théâtralement indignée cherche à susciter. Le MRAP va se faire un torticolis à force de regarder le présent en se tournant vers le passé. L'invocation lancinante de Vichy, ce n'est pas non plus précisément l'avenir. Mais que deviendrait donc le MRAP sans les catastrophes qu'il maintient en vie, aussi usées soient-elles dans les mémoires, en pratiquant la respiration artificielle ?
Alors, qui devrait avoir honte, vraiment ? (Sources : Y/A)"
27 mars 2007
Annulation de la condamnation de la SNCF.
Et ce n'est que justice parce que Lipietz avait poussé les choses vraiment trop loin !
Selon Reuters et Yahoo :
"La condamnation de la SNCF pour son rôle supposé dans la déportation de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, prononcée en première instance, a été annulée par la cour administrative d'appel de Bordeaux.
La cour se déclare juridiquement incompétente pour traiter ce dossier. Elle ne ferme pas totalement la porte à d'autres procédures devant la justice pénale ou la justice civile, mais leur succès devient très improbable compte tenu des attendus de la décision, qui dédouanent la SNCF.
Les plaignants ont annoncé leur intention de déposer un recours en Conseil d'Etat.* Les avocats de la SNCF estiment que la décision établit clairement qu'elle n'est pas responsable.
La décision de la cour administrative était très attendue car, depuis le jugement de première instance au mois de juin dernier, environ 2.000 anciens déportés ou membres de familles de déportés ont engagé des procédures similaires.
L'enjeu financier potentiel était donc lourd pour la SNCF, qui nie toute responsabilité dans ce dossier et rappelle que de nombreux cheminots se sont illustrés dans la Résistance.
La SNCF pourra aussi s'appuyer sur cette décision dans la procédure engagée en mars à New-York contre elle et la Caisse de dépôts par des déportés et des enfants de déportés.
Les juges de Bordeaux soulignent que la société n'avait aucune autonomie de décision pour les déportations, décidées par les Nazis avec la complicité du régime de Vichy.
La SNCF agissait sous le régime de la demande de "mise à disposition" ou de la "réquisition d'une autorité administrative", à savoir le gouvernement français, rappelle la cour dans son arrêt.
Il n'y a pas eu de convention spéciale organisant les transports de déportés et ce sont les Nazis et les autorités de Vichy qui fixaient jusqu'aux conditions de transport, ajoute-t-elle.
"La SNCF ne peut être regardée comme ayant, par les prestations requises, assuré l'exécution d'un service public administratif ni davantage comme ayant disposé de prérogatives de puissance publique", précise la cour.
Pour Me Yves Baudelot, avocat de la SNCF, "cette décision montre que la SNCF agissait sous la contrainte et n'avait pas de marge de manoeuvre".
"Je pense que cette décision est extraordinairement importante et pèsera lourd", a-t-il dit à Reuters.
Le 6 juin, le tribunal administratif de Toulouse (Haute-Garonne) avait condamné l'Etat et la SNCF à verser 62.000 euros de dommages et de frais de justice à quatre membres de la famille du député européen des Verts Alain Lipietz. Son père fut transféré le 10 mai 1944 de Toulouse au camp de Drancy, en région parisienne, avant d'être libéré en août 1944.
Pour Hélène Lipietz, qui était partie civile au procès de sa famille contre la SNCF, la cour "a botté en touche".
"Mais nous irons devant le Conseil d'Etat auquel la cour laisse le soin de se prononcer sur la compétence mais aussi la prescription des faits sur laquelle elle ne dit rien et sur le fond du dossier", a-t-elle dit à Reuters.
L'Etat français, dont la co-responsabilité dans l'Holocauste a été reconnue par d'autres décisions de la justice pénale et administrative, n'avait pas fait appel de la décision de juin.
La condamnation de la SNCF, qui s'appuyait notamment sur les factures envoyées par la SNCF à l'Etat pour certains trains de déportation, avait suscité de vives critiques, y compris dans le camp des associations d'anciens déportés.
Environ 75.000 Juifs de France ont été déportés pendant l'Occupation et seuls 2.500 sont revenus vivants des camps de la mort nazis.
Aux Etats-Unis, la compagnie ferroviaire a pris comme avocat Arno Klarsfeld, fils du "chasseur de nazis" Serge Klarsfeld."
* : il fallait s'y attendre. ;o)
16 juin 2006
Sur le scandale de la mise en accusation de la SNCF.
Je rappelle au passage que la SNCF a décidé de faire appel.
En tous cas, c'est avec un vif plaisir que j'ai pu
constater la lucidité de l'équipe de "Marianne" sur cette affaire
proprement scandaleuse et qui vise à enfoncer un peu plus notre pays
dans la boue d'une repentance dépassée.
En outre, au courrier des lecteurs, j'ai trouvé cette superbe lettre de Guy Bertrand, président de l'Union nationale des orphelins de déportés, fusillés, massacrés que je me permets de vous reproduire in texto car non
seulement elle fait chaud au coeur mais encore elle prouve que, en
dépit des reptations sournoises de tous les communautarismes, nombre de
citoyens de ce pays se considèrent avant tout comme Français et font
passer leur pays avant leur religion et/ou les racines de leur famille :
"Les associations d'orphelins victimes du nazisme regroupées au sein de l'UNODEF ne sauraient s'associer à l'action actuellement entreprise à l'encontre de la SNCF et, partant, à l'égard de notre pays.
Si
nos parents sont partis pour les camps de la mort, la responsabilité en
incombe uniquement aux nazis et à leurs complices de Vichy ; la SNCF
n'a fait qu'agir sous la contrainte de l'occupant, même si l'on peut
regretter que les derniers trains de déportés n'aient pu être stoppés.
Accuser
la SNCF, c'est méconnaître l'héroïsme des milliers de cheminots
résistants dont bon nombre y laissèrent la vie, c'est oublier les
centaines d'entre eux victimes des bombardements, des mitraillages ou
des massacres, c'est oublier les gestes miséricordieux de tous ceux qui
tentaient de donner à boire aux malheureux enfermés dans les wagons à
bestiaux ou qui recueillirent et transmirent les pauvres messages jetés
sur les voies par les déportés qui allaient en enfer.
Et
après la SNCF, pourquoi ne pas attaquer le ministère de la Justice, qui
gérait les prisons, le ministère de l'Intérieur, qui dirigeait les
forces de police ou celui de la Défense nationale, dont dépendaient les
gendarmes?
Nous
refusons de nous associer à des opérations qui s'apparentent de plus en
plus à une offensive contraire à l'honneur de notre pays : si tous les
Français ne furent pas des héros, ils ne furent pas tous des lâches ou
les complices des nazis.
Assez
de repentance, nous devons vivre avec notre histoire qui, comme celle
de tous les peuples, contient des pages noires mais aussi des pages
glorieuses qui ont permis de faire de notre pays une aire de libertés
qu'envient bien des peuples. Tournons-nous vers l'avenir en nous
inspirant de l'esprit de sacrifice de ceux qui furent l'honneur de la
France."
Lisez, relisez. C'est superbe, il n'y a pas à dire et ça fait passer un frisson dans les veines parce que la dignité et la noblesse sont ainsi faites : elles touchent droit au coeur, sans façons.
Merci à Guy Bertrand, merci à toutes celles et tous ceux dont il s'est fait le porte-paroles et merci à "Marianne" pour avoir publié ce courrier. ;O)
Une Colonisation à trente-six vitesses.
J'ai lu ceci sur "Télérama", émanant d'une lectrice :
"Regardez
un livre d'histoire et géographie de Cinquième et dites-moi ce que je
dois répondre à un élève curieux qui constate, sur une carte du commerce du monde musulman au IXème siècle, que les Arabes importaient déjà des esclaves africains à cette époque ?
Que dois-je répondre au même élève qui, dans la leçon sur le Maghreb, apprend que cette
région a été arabisée (= colonisée ?) au VIIème siècle par les
successeurs de Mahomet et qu'on ne parle que de la colonisation
française (tout cela en oubliant les Berbères) ?
Et enfin que lui dire à propos d'une gravure illustrant l'esclavage, avec un Noir portant un fusil et surveillant une colonne de ses frères entravés ?
Si vous avez une réponse, cela me faciliterait la tâche et m'éviterait de faire du politiquement incorrect en tentant de lui répondre ..."
Ouf ! ça fait du bien de lire ça ! Ca fait du bien de constater que d'autres lecteurs de Télérama - donc logiquement "à gauche" - ne sont pas dupes de ce "politiquement correct" que nous serine un peu trop, depuis deux ou trois ans, cette revue pourtant excellente en son temps.
Merci à vous, Madame ou Mademoiselle Pascale N*, pour ce texte simple, posé et doucement ironique ! ;O)
29 mai 2006
Anti-sémitisme prétendu de Jean Ferrat (I).
Connaissez-vous le texte de "Nuit & Brouillard", de Jean Ferrat ? Non ? C'est un tort. Lisez-le déjà et procurez-vous le CD qui va avec : ça vaut le détour.
Nuit et brouillard
de Jean Ferrat
Paroles et Musique : Jean Ferrat 1963
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été
La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir
Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux
Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues
Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers
On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare
Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?
L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
Je twisterais les mots s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez
Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent
Lisez bien et apprenez que ce texte serait, selon certains juifs, "anti-sémite".
Anti-sémitisme prétendu de Jean Ferrat (III).
Voici la réponse de Jean Ferrat :
REPONSE DE JEAN FERRAT :
Monsieur Jean Ferrat
07530 ANTRAIGUES
Monsieur Meir WEINTRATER
Rédacteur en chef de la revue « L’Arche »
Antraigues, le 24 février 2005
Monsieur,
Je
viens de prendre connaissance de votre interview publiée par «
Nouvelles d’Arménie Magazine » de janvier 2005 et ne saurais rester
sans réagir à vos déclarations me concernant et concernant aussi ma
chanson : « Nuit et brouillard », car c’est la première fois depuis 42
ans qu’elle suscite une réaction de cette nature.
C’est la première fois qu’on me reproche, en définitive, de n’avoir pas parlé uniquement de l’extermination des juifs.
Vous
osez le faire. J’ai envie de dire : « Tant pis pour vous », mais je
vous rappelle que justement, « Nuit et brouillard » est dédié à toutes
les victimes des camps d’extermination nazis quelles que soient leurs
religions et leurs origines, à tous ceux qui croyaient au ciel ou n’y
croyaient pas et bien sûr, à tous ceux qui résistèrent à la barbarie et
en payèrent le prix.
Que
vous puissiez justement, faire un compte dérisoire en regrettant que :
« Le seul moment ou l’identité juive apparaît est dans Samuel et
Jéhovah » me paraît particulièrement indigne. Je ne puis également
accepter vos interprétations tendancieuses qui concernent les
résistants que je célèbre et qui seraient, d’après vous, : «
essentiellement communistes ». Je passe sur l’évocation de « Vishnou »
que je n’aurais utilisé que pour la rime alors qu’il symbolisait pour
moi toutes les autres croyances possibles.
Si
j’avais aujourd’hui à regretter quelque chose, c’est de n’avoir pas
cité les autres victimes innocentes des nazis, les handicapés, les
homosexuels et les Tsiganes. Mais il est temps, à présent, d’en venir à
votre affirmation finale : « Aujourd’hui, un tel texte (vous parlez,
bien entendu, de « Nuit et brouillard ») serait attaqué pour
négationnisme implicite ».
Je
me demande par quelle dérive de la pensée on peut en arriver là, et si
vos propos ne relèvent pas simplement de la psychiatrie.
Jean Ferrat
(Sources : Michel Colon Investigations)
On
trouvera le même texte sur le site Bellaciao avec les commentaires
habituels qui, malheureusement (ce n'est que mon opinion) réduisent
considérablement le débat : les fascistes sionistes sont à droite,
forcément anti-palestiniens et favorables à la guerre en Irak.
C'est oublier que cette
"dérive", particulièrement visible et depuis longtemps avec
l'"anti-sémitisme", existe tout autant en France sur la question de la
prétendue "islamophobie" (Ferrat est remonté au créneau en février
dernier lors de l'affaire des caricatures danoises, quand M. Aounit a
enfin montré son vrai visage à tous) comme sur celle de la façon dont
la France envisagerait ses anciennes colonies. Et questions
"islamophobie" et "colonisation", ce sont bien les fascistes de gauche
qui sont aux commandes.
Pas
plus que les fanatiques sionistes du style de M. Weintrater, je ne puis
supporter les Aounit, Ramadan et autres Dieudonné et Porcrain : ces
gens-là ont au moins en commun la haine de la France et de ses
principes républicains et laïcs, il faut le dire, il faut le répéter et
surtout, ne pas craindre de le faire.
22 mai 2006
Aissa Djebar élue à l'Académie française.
L'Algérienne Assia Djebar, première personnalité maghrébine élue à l'Académie française, dont l'oeuvre romanesque défend les droits des femmes dans le monde musulman, est reçue ce jeudi sous la Coupole.
A 69 ans, Assia Djebar a souvent été la première. Première femme algérienne admise à l'Ecole normale supérieure de Paris en 1955, première à obtenir une reconnaissance internationale, première enfin élue à l'Académie. Une élection au second tour, le 16 juin 2005, qui rendait selon elle hommage à son "entêtement d'écrivain" et son travail pour la francophonie.
Personnalité emblématique de l'émancipation des femmes en Algérie, elle figure parmi les classiques de la littérature maghrébine d'expression française, lauréate de nombreuses distinctions internationales.
De son vrai nom Fatima Zohra Imalayen, Assia Djebar est née à Cherchell, à une centaine de km d'Alger, le 4 août 1936. Fille d'un instituteur, sa carrière d'écrivain débute dès 1956 avec "La soif". Suivent "Les impatients" (1958), et "Les enfants du nouveau monde" (1962), dans lequel l'héroïne milite pour le changement politique et les droits des femmes.
Algérienne, elle écrit en français comme beaucoup de ses compatriotes, formés par l'école française. Lire et écrire en français dans les années 1950, c'est aussi la possibilité de sortir du cercle exclusivement féminin dans une société "où les femmes n'écrivent pas".
En 1985, "L'amour, la fantasia" ouvre une fresque que continuent "Ombre sultane" (1987) et "Loin de Médine" (1991).
Dans le Maghreb "les femmes n'écrivent pas. Elles brodent, se tatouent, tissent des tapis et se marquent. Ecrire, c'est s'exposer. Si la femme, malgré tout, écrit, elle a le statut des danseuses, c'est-à-dire des femmes légères", avait déclaré Assia Djebar à la sortie d'"Ombre sultane".
Assia Djebar a également travaillé pour le théâtre et le cinéma. Son film "La nouba des femmes du Mont Chenoua" a reçu le prix de la Critique internationale en 1979 au festival de Venise. De 1983 à 1989, elle a siégé au Fonds d'action sociale (FAS), comme représentante de l'immigration algérienne.
Dans les années 1990, Assia Djebar évoque dans "Le Blanc de l'Algérie" (1996) ou "Oran, langue morte" (1997) la violence dans son pays et le sort des femmes prises dans l'étau intégriste. Depuis 1997, elle enseigne la littérature française aux Etats-Unis, d'abord à Bâton-Rouge (Louisiane), puis à New-York. En 1999, elle a été élue à l'Académie royale de langue et de littérature française de Belgique.
Lors de son élection, Jacques Chirac avait salué "un nouveau témoignage de la profonde amitié" entre la France et l'Algérie.
Pour la ministre algérienne de la Culture Khalida Toumi, Assia Djebar était honorée "pour une oeuvre de l'esprit". (Sources : Internaute-Actualité).
On relèvera cet aspect positif de la Colonisation française - dont je veux bien croire qu'elle donne des crampes d'estomac à nombre d'Algériens de sexe mâle et, notamment, à Bouteflika la Limace, qui tient tant à ré-arabiser l'Algérie :
"Lire et écrire en français dans les années 1950, c'est aussi la possibilité de sortir du cercle exclusivement féminin dans une société "où les femmes n'écrivent pas"."
Le soit-disant Parti breton hurle avec les chiens galeux du "politiquement correct."
Suite à un détour sur AgoraVox, je viens de tomber sur ceci :
Parti Breton : Bretagne et Esclavage
Et je suis outrée, outrée de lire autant de contresens et de mensonges - pour ne rien dire des oublis !
La Bretagne est un "pays européen" !
C'est en qualité de "pays européen" que la Bretagne a participé à la traite négrière !
La France n'a aboli l'esclavage en Algérie qu'en 1962 !
... etc ... etc ...
Bien entendu, rien de la condition de vie du peuple breton sous l'Etat français, monarchiste ou républicain.
Rien de ces Bretons qu'on envoyait en chair à canons sur les champs de bataille (notamment sous Napoléon III) !
Rien de ces milliers de Bretons qui ont dû s'exiler à Paris pour y devenir domestiques au XIXème et au XXème siècles !
Rien non plus de l'alliance des groupuscules pseudo-nationalistes bretons avec les nazis pendant l'Occupation !
Et ce Samson A. ose parler au nom du peuple celte alors que, ça crève les yeux, il ignore tout de son passé et de son histoire !
Mais patience, viendra un jour où ces pseudo-nationalistes se feront botter le train par les véritables Celtes !
13 mai 2006
Racisme : un terme réservé à certains.
La Belgique vient d'être le théâtre d'actes qu'on ne peut que condamner : ici.
Mais je trouve choquant que, dans ce cas-là, on parle de crime "raciste" alors
que, le plus souvent, quand un Occidental se fait dégommer par des
membres d'une communauté ethnique différente - quand Théo van Gogh par
exemple s'est fait abattre par un intégriste musulman - on ne parle que
de crime tout court et, au mieux, d'acte de "terrorisme."
Cette
litote est d'autant plus dangereuse que le mot "terrorisme" est
assimilé par certaines populations à celui de "résistance."
On conviendra donc que cette
façon de présenter les choses contribue à renforcer l'idée qu'ont
certains d'un racisme qui serait le monopole des Blancs et des
Occidentaux.
Ce qui est une falsification éhontée non seulement des faits en eux-mêmes mais aussi des causes qui les ont produits.
